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CEMAC 2025 : Vers une économie régionale intégrée et émergente?

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Serge TchahaSerge Tchaha - La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CÉMAC) a, l’an dernier, commis un rapport qui visait à exprimer l’ambition de cette partie de l’Afrique au cours des prochaines années.

La vision qui émane de ce document est de : « faire de la CEMAC en 2025 un espace économique intégré, émergent, où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance, au service du développement humain. ».

Pour pouvoir réaliser cette vision, les dirigeants de la CÉMAC, comme en témoigne ce schéma, estiment qu’il faut jumeler une forte diversification économique et une forte intégration. La diversification économique s’explique car dans plusieurs pays de la sous-région, l’essentiel de l’activité économique repose sur l’exploitation des matières premières.

économie CEMAC

D’ailleurs, il nous est indiqué qu’en 2006, le Cameroun était le seul pays pour qui le pétrole représentait moins de 50% des exportations. Cette matière première représentait au moins 82% chez les cinq autres pays et atteignait 91% des exportations de la Guinée Équatoriale.

Pour ce qui est de l’intégration régionale, il faut dire que la CÉMAC a beaucoup à faire. La mobilité des personnes connaît moult problèmes et le commerce intra-régional est très faible. Il se situerait entre 1 et 2%.

Les moteurs de la croissance et les infrastructures

Les autorités de la CÉMAC ont identifié 5 moteurs de croissance. Elles estiment que ces derniers seront les piliers de l’essor économique. Il s’agit de : l’énergie; l’agriculture et l’agro-industrie; l’économie forestière; l’élevage et la pêche; les mines et la métallurgie.

Il nous parait évident que des efforts substantiels devront être faits si les décideurs désirent réellement mettre en œuvre ces ambitions. En effet, pour un secteur tel que l’agriculture et l’agro-industrie, l’offre des producteurs devra être substantiellement bonifiée. Il faudra notamment la mécaniser. Il faut en effet bien voir que la croissance démographique de l’Afrique créera des besoins de consommation immenses. Il faudra donc être bien outillé pour pouvoir profiter de ces opportunités; autrement, ce sont les Occidentaux, les Brésiliens,… qui nourriront l’Afrique.

Concernant l’énergie, là aussi, des investissements colossaux devront y être consentis. Car il faut bien mesurer que malgré tout leur potentiel solaire, gazier ou hydroélectrique, ces pays ne sont pas suffisamment électrifiés. En plus de leur propre consommation, s’ils veulent vendre cette énergie à d’autres pays, ils devront investir massivement.

Les mines sont également un secteur d’activités qui nécessitera des capitaux importants tant pour l’exploration que pour l’exploitation. Afin d’attirer un plus grand nombre d’investissements directs étrangers (IDÉ), les autorités gouvernementales devront effectuer des réformes qui faciliteront la réalisation des affaires. Selon le Rapport Doing Business 2010 de la Banque Mondiale, parmi ces 6 pays, le meilleur rang est attribué au Gabon qui n’apparait qu’à la 158ème place sur 183 pays notés.

« Là où la route passe, le développement suit ». Les dirigeants de la CEMAC semblent d’accord avec cette assertion.  En effet, ils expriment clairement cette volonté notamment au niveau des infrastructures routières, énergétiques et de télécommunications.

Attardons-nous quelque temps sur les infrastructures routières. La construction de routes, d’autoroutes qui relieraient les 6 pays, constituera à coup sûr, un accélérateur dans le développement de la sous-région. Pourquoi? Parce que la mobilité des hommes – notez par ailleurs qu’Antoine Ntsimi, Président de la Commission de la CÉMAC, suite à une réunion tenue à Douala, a annoncé que les passeports CÉMAC seront délivrés à compter du 1er août 2010 – et des marchandises sera de loin améliorée. On améliorera par le fait même l’efficience des coûts, les délais de livraison seront raccourcis, la sécurisation même des marchandises sera meilleure…

Les chiffres clés à retenir

Présentons maintenant des chiffres qui révèlent  bien l’ambition de la sous-région :

  • Le PIB/habitant passera de 362 605 FCFA à 1 170 431 FCFA (entre 750-800$ et 2500-2600$). Ce triplement se fera d’ici 2025.
  • Faire passer la pauvreté d’un seuil de 53% à 25% en 2025.
  • La construction des tronçons de routes prioritaires nécessitera 1272 milliards de FCFA soit environ 3 milliards de dollars.

La mise en œuvre de ce plan est donc source d’opportunités d’affaires et sa réalisation effective, fera, d’ici 15 ans, de cette sous-région, une véritable zone d’affaires stratégique.

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