L’Afrique du Sud est le seul pays africain invité en tant que membre à part entière au sommet du G20 (groupe des 19 pays les plus industrialisés plus l’Union européenne) qui a lieu ce week-end à Toronto au Canada. Les autres pays du continent conviés à ce sommet ainsi qu’à celui du G8 à titre de modestes invités, souhaiteraient obtenir une position plus solide. En effet, en règle générale, les membres du G20 sélectionnent une poignée de dirigeants africains qu’ils invitent à se joindre à eux juste le temps d’une photo de famille devant la presse internationale. Mais ces derniers ne sont pas autorisés à participer à leurs échanges.
Seulement voilà, cette année au Canada, les chefs d’États africains désirent aller plus loin qu’une simple présence sur la photo de famille. Ils cherchent à renforcer leur position en réclamant une représentation permanente de l’Union Africaine auprès du G20 au même titre que l’Union européenne. Ils estiment que l’Afrique a tout à fait sa place à ce sommet qui s’affirme comme le principal forum économique mondial. Ainsi, le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique et riche en pétrole, insiste sur un partenariat d’égal à égal et veut attirer des investissements privés sur le continent, comme l’a indiqué son président Goodluck Jonathan, ce mercredi au cours d’une rencontre avec des hommes d’affaires canadiens à Toronto. Certes, il y a l’Afrique du Sud, membre africain à part entière mais elle « ne peut représenter à elle seule un continent. C’est un pays très différent du reste du continent, par son histoire et sa croissance économique », a commenté Tiberius Barasa, de l’Institute of Policy Analysis and research à Nairobi au Kenya, cité par l’Afp. Les pays africains qui sont tenus à l’écart du débat sur la gouvernance mondiale, le resteront tant que leurs économies ne pèseront pas davantage, assurent certains experts.
Ainsi, au G8 comme au G20, les débats sur l’Afrique se limitent souvent à la question d’augmenter ou de baisser les aides au développement. La rencontre de cette année semble suivre le même scénario avec le débat sur le non-respect des engagements pris lors du sommet du G8 de 2005 sur le versement de l’aide publique au développement (APD) pour les pays africains. Les pays riches avaient alors promis d’augmenter leur aide de 50 milliards de dollars. Mais cinq ans plus tard, il manque toujours 20 milliards. Selon les experts, les pays riches se focalisent, lors de ces sommets, sur ce débat concernant l’APD et la pauvreté en Afrique qui n’est qu’une partie de la réalité africaine pour ne pas aborder une question plus cruciale qui est celle de l’accès des produits africains aux marchés européens et américains ou plus généralement de la libéralisation du commerce mondial. Ils estiment donc que les dirigeants africains ont raison de revendiquer ainsi une représentation accrue du continent dans les forums mondiaux car cela va leur permettre de faire entendre les priorités de l’Afrique. Cependant, si cela devait arriver, les pays africains seraient contraints d’adopter une position commune, ce qui n’est pas toujours le cas. Preuve en est avec les accords de partenariat économique (APE) où l’Union européenne a réussi sa politique du « diviser pour mieux régner » pratiquée sur le continent africain pour faire signer des accords « intermédiaires » aux pays qui le désiraient en attendant la signature par tous les États de l’ACP (Afrique Caraïbe et pacifique) des accords globaux. Ainsi, 15 pays ACP dont 13 africains ont signés ces accords « intermédiaires ».














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